Que mettre sur le site d'une petite boutique : les pages indispensables
Vous n'avez pas besoin de vingt pages, mais de six bien faites. Voici ce que doit contenir le site d'une petite boutique, ce qu'exige la loi et ce qui peut attendre.
Quand on me demande un site pour une boutique, on arrive presque toujours avec la même liste en tête : « je veux qu'il soit beau, qu'il sorte sur Google et qu'il s'affiche bien sur mobile ». Tout cela est très bien, mais c'est comme dire que vous voulez une boutique bien éclairée. La vraie question est ailleurs : que faut-il mettre dedans pour que les gens qui entrent trouvent ce qu'ils cherchent et ne repartent pas aussitôt. Et la réponse est bien plus courte que vous ne l'imaginez.
En bref : le site d'une petite boutique a besoin de très peu de pages, mais bien faites. Une page d'accueil qui dit ce que vous vendez et où, une page de produits ou de services, une page sur qui se cache derrière, une page de contact avec adresse et horaires, et les pages légales exigées par la loi (mentions légales, confidentialité et cookies). Si vous vendez en ligne, ajoutez des conditions de vente avec livraison et retours clairs. Le reste est facultatif.
Pensez votre site comme votre boutique physique
J'ai passé toute ma vie à monter des vitrines et des parcours en magasin, et un site fonctionne exactement de la même façon. La page d'accueil est votre vitrine : elle doit arrêter les gens en trois secondes. Les fiches produits sont vos tables et vos étagères. La page de contact est le comptoir, où l'on vous pose une question. Et les pages légales sont la licence accrochée au mur : personne n'entre pour la lire, mais si elle manque, vous prenez un risque.
Avec cette idée en tête, on comprend mieux pourquoi vous n'avez pas besoin de vingt pages. Aucune petite boutique n'a vingt salles. Elle a une entrée, un espace de vente, un comptoir et une arrière-boutique. Voilà.
La page d'accueil est la vitrine : ce que vous vendez, les nouveautés et le panier, sans chercher. Capture du site de Diva Zamora, conçu par Juan Carlos Barrón.
1. La page d'accueil : quoi, pour qui et où
C'est la page la plus visitée et souvent la plus mal exploitée. Beaucoup la remplissent d'une superbe vidéo et d'une phrase poétique et oublient l'essentiel. Sur la page d'accueil, trois choses doivent être claires sans faire défiler : ce que vous vendez, à qui et où vous êtes (ou où vous livrez).
+Un titre qui dit ce que vous faites avec des mots simples, ceux qu'utiliserait votre client pour vous chercher.
+Un bouton principal vers ce que vous vendez le plus, pas vers « en savoir plus ».
+Une vraie photo de votre boutique ou de votre produit, pas une image de banque.
+L'adresse et les horaires bien visibles, même en pied de page.
2. Produits ou services : une page qui se comprend seule
Si vous avez une boutique en ligne, c'est ici que vont vos catégories et vos fiches produits. Si vous ne vendez pas en ligne, une page qui montre ce que vous proposez et combien cela coûte suffit, même à titre indicatif par famille. Ce qui ne doit pas manquer, c'est le prix quand il existe. Un site sans prix oblige le client à vous écrire pour demander, et la plupart n'écrivent pas : ils ouvrent un autre onglet.
Sur les fiches, mieux vaut peu de mots bien choisis : ce que c'est, la matière, les tailles ou dimensions, l'entretien et le délai de livraison. Et des photos avec le même fond et la même lumière dans tout le catalogue, car la cohérence fait aussi vendre.
3. Qui se cache derrière
La page « à propos » ressemble à un caprice et c'est tout le contraire. C'est la seule chose qu'une grande chaîne ne peut pas vous copier. Dites aux gens qui vous êtes, depuis quand, pourquoi vous faites ce que vous faites et où se trouve votre boutique. Avec une vraie photo de vous, pas celle d'un mannequin souriant les bras croisés.
Mettre un visage sur la marque inspire confiance : ici, celui qui est derrière monte une vitrine. Capture du site de Maison Barron, conçu par Juan Carlos Barrón.
4. Contact : la page qui vend le plus et qu'on soigne le moins
Beaucoup de gens visitent le site d'une petite boutique uniquement pour savoir où elle se trouve, à quelle heure elle ouvre ou comment appeler. Si cette information est cachée, vous avez perdu une visite qui venait déjà avec l'intention d'acheter. Une bonne page de contact comprend :
+L'adresse complète, avec l'étage s'il y en a un, et une carte.
+Les vrais horaires, y compris les jours fériés et l'été.
+Un numéro de téléphone cliquable sur mobile et un WhatsApp si vous y répondez.
+Un formulaire court : nom, e-mail et message. Pas quinze champs.
Et tout cela doit correspondre au millimètre à votre fiche Google Maps. Je l'ai expliqué dans l'article sur la fiche Google Business Profile : si votre adresse ou vos horaires disent une chose sur le site et une autre sur Google, c'est vous qui y perdez.
Une page de contact qui demande ce dont vous avez besoin et vous oriente au bon endroit. Capture de barronvisual.com, conçu par Juan Carlos Barrón.
5. Les pages légales : ennuyeuses, mais obligatoires
Ici, pas de débat, c'est la loi. En Espagne, si votre site a une activité économique, l'article 10 de la loi 34/2002 sur les services de la société de l'information (LSSI) impose d'afficher de façon permanente et gratuite votre identité, votre numéro fiscal, votre adresse et un contact direct. Ce sont les mentions légales. Il vous faut aussi une politique de confidentialité si vous collectez des données (même via un formulaire de contact) et une politique de cookies si vous utilisez de l'analyse d'audience ou tout cookie non technique. Comme le rappelle l'association de consommateurs espagnole FACUA, ne pas respecter la LSSI peut être considéré comme une infraction grave, passible d'amendes de 30 001 à 150 000 euros.
Un conseil de quelqu'un qui a vu beaucoup de sites : ne copiez pas les textes légaux d'une autre boutique en changeant simplement le nom. Chaque site collecte des données différentes et utilise des outils différents. Et en cas de doute, faites-les relire par un avocat.
6. Si vous vendez en ligne : livraison, retours et conditions claires
Si votre site a un panier, ajoutez une page de conditions de vente qui explique le coût de la livraison, le délai et la procédure de retour. Le droit espagnol de la consommation donne à l'acheteur en ligne 14 jours calendaires pour se rétracter, et vous devez l'indiquer. C'est aussi dans votre intérêt : selon une enquête de 2024 du Baymard Institute, 48 % des acheteurs américains qui ont abandonné un panier l'ont fait parce que les frais supplémentaires (livraison, taxes, commissions) étaient trop élevés. Si les frais de port apparaissent par surprise à la dernière étape, le client s'en va.
Des conditions de vente lisibles, avec des rubriques claires et sans petits caractères. Capture de barronvisual.com, conçu par Juan Carlos Barrón.
Ce qui peut attendre (et ce qui n'est pas nécessaire)
Un blog, une boutique en ligne complète, un espace client ou une newsletter sont formidables quand vous avez le temps et les produits pour les alimenter. Sinon, mieux vaut commencer par un petit site solide que par un grand site vide. Une chose que je recommande même avant d'ouvrir : une page simple qui dit qui vous êtes, ce que vous allez faire et comment être prévenu. C'est ce que nous avons fait avec Manta Zamorana. Ainsi, Google vous connaît déjà le jour où vous levez le rideau.
Avant l'ouverture, une seule page bien faite travaille déjà pour vous. Capture du site de Manta Zamorana, conçu par Juan Carlos Barrón.
Ma liste minimale, à imprimer
+Accueil : ce que vous vendez, à qui et où.
+Produits ou services, avec les prix.
+Qui se cache derrière, avec une vraie photo.
+Contact : adresse, horaires, téléphone et carte.
+Mentions légales, confidentialité et cookies.
+Si vous vendez en ligne : conditions de vente, livraison et retours.
Six éléments. Avec cela, une petite boutique a un site conforme à la loi, compréhensible du premier coup d'œil et qui donne à Google ce dont il a besoin pour vous afficher. Pour aller plus loin, ce même blog traite des erreurs SEO et de conversion les plus courantes dans les boutiques en ligne et du vrai prix d'un site web.
Questions fréquentes
Combien de pages faut-il pour le site d'une petite boutique ?+
Cinq ou six suffisent : accueil, produits ou services, à propos, contact et pages légales (mentions légales, confidentialité et cookies). Si vous vendez en ligne, ajoutez des conditions de vente avec livraison et retours.
Les mentions légales sont-elles obligatoires sur le site d'une boutique en Espagne ?+
Oui, si le site a une activité économique. L'article 10 de la LSSI (loi 34/2002) impose d'afficher en permanence votre identité, numéro fiscal, adresse et un contact direct. Les politiques de confidentialité et de cookies relèvent d'autres règles et sont aussi nécessaires si vous collectez des données ou utilisez des cookies non techniques.
Dois-je afficher mes prix sur mon site même si je ne vends pas en ligne ?+
Ce n'est pas obligatoire si vous ne vendez pas en ligne, mais c'est vivement conseillé. Un site sans prix oblige le client à demander, et beaucoup préfèrent partir plutôt qu'écrire.
Qui écrit
Juan Carlos Barrón
Web designer, organisateur d'événements, visual merchandiser, étalagiste et consultant retail avec 28 ans dans des boutiques comme Zara, Chanel, Lladró ou les Galeries Lafayette. Aujourd'hui, depuis la belle rue Balborraz, au numéro 14, à Zamora, pour le monde entier : en espagnol, anglais et français.